Ainsi, je suis allé chez un ami de Tamayo samedi dernier. Finalement, ce n'était pas l'amie de la chanson, et c'était un garçon (qui s'appelle Eiji). Évidemment, nous ne nous connaissions pas du tout, mais il a été exceptionnellement accueillant, même pour des standards japonais.
Il avait préparé plein de cuisine japonaise, et comme d'habitude voulait connaître mon opinion sur chaque plat (je me sens comme Hansel et Gretel parfois, je me demande si ils envisagent de me dévorer avant mon départ).
Il y avait aussi plein de boissons : de très bons sakés (je le crois sur parole parce que moi je n'aime toujours pas ça), des vins un peu plus douteux (je ne m'y connais pas autant que ce qu'ils attendent d'un français, mais assez pour savoir que le vin rouge chinois que j'ai bu n'était pas bon du tout) et du très bon umeshu artisanal fait par la mère de Tama (d'ailleurs il faut que je pense à en préparer en rentrant en France).
À chaque fois qu'Eiji découvrait que je connaissais quelque chose de la culture japonaise, il se précipitait pour me serrer la main et me remercier constamment de l'intérêt que je porte au pays (y compris pour des choses qui ne cassent pas des briques, comme par exemple utiliser des baguettes). Du coup évidemment quand j'ai fait le malin en parlant d'une chanson d'enka (un type de chanson japonaise qui est à mi-chemin entre de la variété et de la musique traditionnelle, comme par exemple la chanson The Flower of Carnage sur la bande son de Kill Bill Vol. 1 pour ceux qui la connaissent) et que j'en ai chanté le refrain (j'aime vraiment bien la chanson, et je l'avais beaucoup écoutée il y a quelques semaines, assez pour finir par en apprendre quelques paroles) il est carrément tombé à genoux et m'a remercié comme si j'avais sauvé son enfant de la noyade.
Ensuite, il s'est précipité au premier étage et m'a rapporté une pile d'une bonne dizaine de DVD sur la culture japonaise. Malheureusement c'est tout en japonais, et donc ça doit être assez spécialisé puisque ça s'adresse aux japonais (je pense que ça présente des particularités culturelles des différentes régions dans un peu tous les domaines). J'ai fini par lui dire que je comprendrais probablement pas grand chose donc j'ai réussi à m'en sortir avec seulement 2 DVD à emporter ("Ah... c'est le quart de ça qu'il faut transporter ?"). En fait au final en repartant le lendemain j'ai oublié les DVD, mais je suis retourné chez lui depuis et j'en ai quand même pris un que je n'ai pas encore regardé.
La soirée a continué comme ça pendant un moment (Eiji passant la plupart du temps à genoux presque en pleurs à me remercier pour tout ce que je faisais) et puis ils ont décidé d'appeler un autre ami. Un français qu'ils surnomment "Dada" (ils ne savaient pas pourquoi, mais c'est simplement parce que son prénom est Damien) en post-doc à l'université depuis deux ou trois ans.
Là ça a pris un tournant assez surréaliste.
Eiji habite près de la gare de Saijo (Saijo étant le petit bled où se trouve l'université d'Hiroshima qui n'est pas du tout à Hiroshima même) donc on est allé chercher Dada et sa copine Gan (une japonaise, qui d'ailleurs ne voulait pas venir au début, mais Tama lui a dit qu'elle pourrait me voir et que j'étais français, sur quoi Gan a demandé si j'étais un garçon ou une fille, et quand elle a appris que j'étais un garçon a dit qu'elle arrivait tout de suite). Ils étaient déjà bien avancés en termes d'alcoolémie quand on les a récupérés à la gare. Le plus marrant c'est que dans le train, ils avaient rencontré (d'après leurs dires qui n'étaient pas toujours super compréhensibles, d'autant que pour être tout à fait franc je n'étais pas parfaitement clair non plus) un type qu'ils avaient décidé de ramener aussi chez Eiji.
Le gars en question avait l'air très sympa. Il s'appelait "Angel" ou quelque chose comme ça. J'ai cru qu'il était japonais (en tout cas il parlait très bien japonais et anglais) mais j'ai appris plusieurs jours plus tard en en reparlant avec Eiji qu'il était Taiwanais. Quoi qu'il en soit, il avait l'air moins cuit que les deux autres, mais il était très content de venir se joindre à nous, dans une soirée de gens bourrés qu'il ne connaissait pas du tout (il connaissait Dada et Gan depuis 15 minutes, recontrés dans un wagon de train alors qu'ils étaient saouls) dans une maison quelque part derrière la gare. Mais apparemment ça au Japon ça ne gêne personne.
C'était assez bizarre parce que du coup, pendant le reste de la soirée, il était là avec nous mais il ne disait pas grand chose. C'était un peu comme s'il était venu voir un spectacle (mais le genre de spectacle où l'on rentre sans savoir de quoi ça parle). Le lendemain, je me suis même demandé s'il avait vraiment existé (d'autant que Tama avait complètement oublié qu'il avait été là).
Pendant ce temps, Dada (qui est assez spécial quand il est bourré, et je ne l'ai rencontré que comme ça) essayait de faire du judo avec un peu tout le monde, s'asseyait sur les toilettes entièrement nu avec la porte grande ouverte (ça a marqué les gens présents à tel point que par la suite ils m'ont demandé si c'était courant comme façon de faire en France, tout au moins quand on avait un peu trop bu) et proposait aux filles de faire des trucs assez louches (dont l'une était sa copine mais n'avait tout de même pas l'air si emballée que ça), dans un japonais un peu primitif mais suffisant pour exprimer ce qu'il avait à dire.
Voilà, après je ne peux pas vraiment raconter en détails tout ce qui s'est passé, d'une part parce que je ne me souviens pas de tout (et qu'il y a des choses dont je me souviens mais dont j'ai du mal à me convaincre qu'elles aient vraiment eu lieu) et d'autre part parce que ce ne serait pas toujours décent. Quoi qu'il en soit, tout s'est bien terminé.
Le lendemain matin Dada, Gan et Angel avaient disparu (dans le cas d'Angel, il reste un léger doute sur le fait qu'il ait véritablement été là, et son prénom ne fait qu'ajouter du doute). Eiji m'a encore remercié longuement d'être venu (ben oui, parce qu'ici non seulement ils sont super accueillants mais en plus c'est comme si c'était nous qui leur rendions un immense service en venant manger, boire et mettre le bazar chez eux). Et je suis reparti avec le sentiment d'avoir passé une soirée dans une de ces comédies américaines un peu surréalistes (genre The Hangover, Dude, Where's my Car? ou Harold and Kumar go to Whitecastle).
L'après-midi, je suis allé au concert de l'école de batterie... mais ceci est une autre histoire.
"Voilà, après je ne peux pas vraiment raconter en détails tout ce qui s'est passé"
RépondreSupprimerMan that's cold! Maybe next time change the names and keep the details? :-)
C'est pas tellement pour protéger l'anonymat des autres mais pour moi.
SupprimerDonc à moins que je commence à raconter les histoires à la 3e personne en essayant de vous convaincre qu'il s'agit d'une personne totalement différente, comme c'est principalement ma famille qui lit ce que je poste là je préfère filtrer un petit peu.
Et puis de ce que j'ai appris dans les Simpsons, les histoires anonymisées ça ne marche jamais de toute façon :
"A certain... agitator... for privacy's sake let's call her... Lisa S. No, that's too obvious... uuuh, let's say L. Simpson." - Skinner, Ep. 3F03: Lisa the vegetarian
"Well, let's just call them... uh, 'Mr. X' and 'Mrs. Y'. So anyway, Mr. X would say, "Marge, if this doesn't get your motor running, my name isn't Homer J. Simpson!" - Homer, Ep. 1F20: Secrets of a Successful Marriage
Pour la fin de l' histoire :
RépondreSupprimer"Ah, j' aurais bien aimé qu'tu m'racontes"...
La suite (le concert) dans un prochain épisode, très bientôt sur vos écrans.
SupprimerMort de rire !! "Dada sur son bidet" avait l'air d'être bien amoché, en tous cas..
RépondreSupprimerS'ils veulent une version "super" française de la cuite, n'oubliez pas les tontons flingueurs (faudrait trouver une version avec sous-titres japonais..) :
http://www.youtube.com/watch?v=P8Zk5PLlhLw
Aaargh. "Dada sur son bidet" c'est excellent. Comment n'y ai-je pas pensé ?
SupprimerPar ailleurs je signale qu'on était beaucoup moins fins que les tontons flingueurs nous. Faut dire qu'on n'a pas Michel Audiard pour nous écrire nos dialogues, alors on fait comme on peut (et dans au moins trois langues différentes qui plus est).
Je me demande si ça plairait à des étrangers ou si c'est trop français comme scène.
Eh beh, je découvre que ton blog renaît de ses cendres et je ne suis pas déçue du voyage :-) (bonus : en rédigeant mon commentaire je découvre un verbe qui n'a pas de participe passé :-O )
RépondreSupprimerComme tu étais une des principales participantes du blog précédent j'ai hésité à t'envoyer un message quand j'ai recommencé celui-là mais d'une part ça faisait un peu grosse pub personnelle et en plus au début je n'avais rien écrit donc c'était un peu triste.
SupprimerP.-S. : Il faut dire que "il est rené" ça fait un peu nouille (autant dire qu'il est Gérard à ce stade-là).
Heureusement que j'avais laissé l'ancien blog dans un coin de ma page d'accueil gogol ! Et maintenant, j'ai plein de lecture... alors, comme on dit par chez nous, j'y vais Maurice ! (Qu'est-ce qu'on est drôles.. vraiment bizarre qu'on n'ai pas plus d'amis en dehors du boulot...)
RépondreSupprimerTu veux dire "on y va, Maurice" ? (si c'est ce à quoi tu pensais mais en version méta-blague, c'est vraiment très très ciblé, encore plus que les giga-octets de Dilbert)
SupprimerBonne lecture, et n'hésite pas à mettre des commentaires :)