mardi 24 avril 2012

Hanami encore (mais où l'on regarde vraiment les fleurs ce coup-ci)

Quelques jours après le festin sur les rives de la rivière Ôta (le temps de m'en remettre), j'ai décidé que j'allais quand même essayer d'admirer les fleurs de sakura avant qu'elles ne disparaissent (ce qui est d'ailleurs le cas maintenant que j'écris ceci).

Je suis donc allé passer une matinée dans un parc pas loin de l'université qu'on m'avait conseillé. Le parc s'appelle  ike no ue (池の上) qui signifie "au dessus de l'étang" parce que... ben... c'est juste au-dessus d'un étang. Ils ne sont pas forcément très forts pour donner des noms originaux, mais au moins ça permet de situer facilement lequel. Nous on lui aurait donné un nom plus chic mais ici ils s'épargnent le dialogue
"Hier, je suis allé au parc St Tryphon-les-cueillettes..."
"C'est où ça ?"
"C'est celui qui est juste au-dessus de l'étang."
"Ah, oui, je vois."
en allant directement à l'essentiel.
Il faut savoir que cette photo est prise depuis la rive est de l'étang. Moi j'arrivais par la route principale qui est sur la droite de la photo, depuis l'université qui est à l'ouest de l'étang, c'est-à-dire complètement derrière le parc et la colline... Sur le chemin, il y a un moment où l'on est juste en face du parc, on voit le gros paquet d'arbres en fleurs, et on se dit qu'on est arrivé. Seulement il y a une barrière le long de la route. Certes, elle ne dépasse pas 50 cm, mais c'est quand même une barrière, et ici je ne me risque pas à enjamber les barrières. Du coup j'ai continué à longer la route jusqu'à trouver une ouverture :
En rouge, c'est le chemin qu'on prendrait en France, et dans la plupart des autres pays d'ailleurs. On enjambe la barrière, on descend un peu entre les arbres au bord de la route, et hop on est arrivé. En vert, c'est le chemin des gens civilisés (dont j'essaie de faire partie ici). Ça arrive au même endroit, mais ça prend 20 minutes de plus. Il y a un chemin intermédiaire, pour ceux qui arrivent en voiture, qui longe l'étang par le nord et l'ouest, mais comme il n'y a pas de trottoir sur le segment de la route principale au parking, ce n'est clairement pas le chemin correct quand on est à pied.

Du coup, 20 minutes plus tard, je suis arrivé au parc.

Comme il faisait très beau, ça valait vraiment le détour (et ce n'est pas juste une expression...). J'y suis allé en semaine (jeudi matin) pour qu'il n'y ait pas trop de monde et parce que, quitte à réfléchir tout seul, autant que ce soit à l'ombre des fleurs de cerisier plutôt que dans mon bureau. Il y avait quand même des gens un peu partout qui étaient venus souvent en groupe pour pique-niquer (mais plus classique que la fois précédente, avec moins de matériel et moins de saké).
Il y avait un groupe d'une trentaine de personnes qui était en train de s'installer quand je suis arrivé. Je n'ai pas trop compris ce qu'ils faisaient parce qu'ils ont commencé par passer une heure à se présenter à tour de rôle (un peu comme si c'était les alcooliques anonymes qui faisaient leur première réunion après le WE de Hanami). Ils se sont tous assis autour d'une grande bâche bleue, il y en a un qui a fait un petit discours au centre puis chacun son tour ils se sont levés et on dit quelques trucs qui faisaient plus ou moins rire les autres (donc ce n'était probablement pas les alcooliques anonymes, ou alors ils sont vraiment cruels au Japon). Après être tous passés, ils ont commencé à manger et sont partis assez vite (ils ont passé nettement moins de temps à manger qu'à se présenter).
De mon côté j'avais apporté un livre d'exercices de japonais et un bloc pour faire un peu de recherche aussi (c'est d'ailleurs très agréable de réfléchir dans un cadre pareil et j'ai fait quelques progrès sur une question qui n'a malheureusement pas avancé depuis).
Comme j'étais appuyé contre un arbre le long d'un chemin en regardant les arbres avec mon crayon et mon bloc, une dame qui passait à côté s'est approchée et a regardé mon bloc en me demandant quelque chose. Sur le coup je n'ai rien compris (comme toujours) et puis finalement j'ai réalisé qu'elle pensait que j'étais en train de dessiner et qu'elle me demandait si elle pouvait voir mon dessin. Elle a dû être très déçue en voyant mes gribouillis qui ne ressemblaient pas du tout à des arbres en fleur.

Si les cerisiers étaient bien évidemment les vraies stars de la journée (et pas juste un prétexte ce coup-ci), il y avait aussi quelques animaux intéressants. En particulier, un drôle d'insecte m'a tourné autour tout du long. J'ai d'abord cru que c'était une sorte d'abeille à cause de la couleur, mais en y regardant de plus près, il s'est avéré que c'était une mouche qui s'était déguisée en abeille :
Et puis en repartant j'ai croisé un type qui promenait une drôle de poule à crête (à moins que ce soit la poule qui promenait le type). À force de devoir absolument avoir un hobby, il y en a qui finissent par en trouver de bien étranges.


mercredi 18 avril 2012

Hanami

Depuis un peu plus de deux semaines maintenant, les cerisiers sont en fleurs.

Il faut savoir qu'ici, la floraison des cerisiers (appelés "sakura") c'est tout un événement. C'est la cinquième fois que je viens au Japon, mais la première fois que j'y suis à cette période de l'année. Or à chacune de mes visites précédentes, plusieurs personnes ont trouvé le moyen de me dire que c'était bien dommage que je ne sois pas là pour la floraison des sakuras, parce que quand même tout est beaucoup plus beau à cette période. Cette fois-ci, j'étais donc très impatient de vivre cet événement.
J'avais initialement l'intention de voir ça à Hiroshima d'abord, puis d'aller à Kyoto ou Tokyo la semaine suivante pour en profiter encore plus. Cependant, comme tout le Japon et tous les touristes du monde veulent visiter ces grandes villes au même moment, tous les hôtels sont complets (même en ayant triplé leurs tarifs habituels) et j'ai donc décidé que je resterai ici. Il y avait tout de même de quoi faire dans le coin, donc ce n'est pas bien grave.

Le printemps et les sakuras donnent l'occasion de se regrouper pour "hanami", c'est-à-dire littéralement "regarder les fleurs" (hana (花) signifiant "fleur" et mi (見) étant le radical des verbes "voir", "regarder", etc.). Et justement, Katsunobu, un professeur du département, m'a invité à participer à hanami avec des amis à lui il y a deux semaines.
Je suis donc allé les rejoindre dimanche matin, sur les rives de la rivière Ota, au bord d'un parc à proximité du château (tout ça pour dire que c'était un endroit vraiment joli) :
Arrivé sur place (et même un peu avant, particulièrement en traversant le parc puisque j'arrivais de l'est) j'ai compris que l'ensemble du Japon s'était en fait donné rendez-vous ce jour-là. Le parc, les rives du fleuve et à peu près toute surface couverte d'herbe étaient occupés par des groupes de tous âges qui avaient étalé leur matériel à pique-nique et tout autre dispositif adapté à l'occasion, que ce soit pour jouer, se reposer ou préparer à manger (du coup je suis un peu curieux de savoir à quoi ressemblait le parc d'Ueno qui se trouve en plein centre de Tokyo).

Le groupe qui m'avait invité avait installé une tente, des tables couvertes de choses à manger et à boire quelques grills pour préparer diverses grillades et chauffer du saké, et quelques autres dispositifs.

Bien que je ne connaisse personne, comme j'étais le seul étranger du groupe, quand Katsunobu a commencé à me présenter, tout le monde est venu me voir pour se présenter (ils ont fait ça vite là, je n'ai pas eu les hobbies de tout le monde) puis ils ont voulu me faire goûter de tout.

Je suis plutôt du genre à manger beaucoup dans des circonstances comme celle-ci mais là je dois avouer que je n'ai manqué de rien. Déjà, je ne sais pas où ils gardaient les réserves (parce que sur la photo on ne voir pas vraiment de grosse armoire à provisions, ni de voiture à proximité) mais les tables se remplissaient constamment au fur et à mesure qu'on mangeait ce qu'il y avait dessus (peut-être que la petite tente jaune avait été posée par Mary Poppins et qu'elle recelait d'un stock inépuisable). D'ailleurs je me suis personnellement plus attaché à ce qui se mangeait, mais ceux qui étaient venus boire n'étaient pas en reste non plus.

J'ai dû goûter au moins une vingtaine de sakés (et autres alcools assimilés) différents. Il y avait une table spécialement dédiée aux bouteilles d'alcool (celle autour de laquelle il y a le plus de monde sur la photo de la tente...) sur laquelle les bouteilles étaient continuellement vidées et renouvelées comme par enchantement. Je pense que je peux maintenant vraiment déclarer que je n'aime pas le saké, parce que, bien qu'en ayant goûté différentes sortes, dans différentes conditions (glacés, froids, à température ambiante ou même chauffés au bain-marie), de différents âges, dont apparemment certains très bons et très rares (Katsunobu, qui est un très grand buveur de saké, m'a plusieurs fois expliqué qu'il adorait ces réunions parce qu'elles donnaient l'occasion de trouver une quantité de sakés de grande qualité, ce qui est très rare), je n'en ai vraiment apprécié aucun.

Comme à chaque fois que mon verre était vide, quelqu'un me sautait dessus pour le remplir et que, bêtement, j'ai le réflexe de boire le contenu de mon verre quand il n'est pas vide, j'ai bu plus de saké en une journée que je n'en avais bu le reste de ma vie. D'ailleurs comme le temps était magnifique et que le soleil tapait fort, je suis rentré chez moi avec un mal de tête assez prononcé.

Toutefois, bien que n'ayant pas apprécié l'alcool à sa juste valeur (pas d'umeshu malheureusement, même si tous les japonais à qui je dis que j'adore ça sont très contents de l'apprendre et tous me déclarent qu'ils adorent aussi, mais apparemment pour hanami, c'est du saké), ce qu'il y avait à manger était très bon. Il y avait vraiment un peu de tout, beaucoup de préparations à base de légumes, riz, haricots (même des "pickles" marinés pendant plus de 10 ans), du poisson et de la viande (plusieurs morceaux de cerf, dont celui qui grille sur la photo du barbecue), et même des chamallows à griller pour les enfants :

Tout ceci a duré environ 5 heures (à manger et boire continuellement, sur des tables qui ne désemplissaient pas), de 11h à 16h. À la fin, quand les gens ont commencé à ranger le tout, ils ont vendu aux enchères tout ce qui restait d'ouvert. C'était fait assez rapidement, un type décrivait rapidement le produit ("un quart de bouteille de saké machin-chose") en donnant un prix indicatif, si quelqu'un était preneur il l'avait directement en général, et une fois ou deux il y avait plusieurs volontaires donc le prix montait un peu.
Comme j'étais français, ils ont décidé de me donner d'office un pain qui avait été apporté et pas entamé (quelques autres pains avaient quand même été mangés avec des sauces ou crèmes, avec quelques fromages, et avec trois petites boîtes de terrine que j'avais apportées). J'ai eu beau leur dire qu'ici je n'avais pas grand chose à manger avec du pain (sans fromage et sans charcuterie ça limite un peu), comme il venait d'une boulangerie qui avait une bonne réputation ils ont voulu avoir mon opinion. L'avantage quand on est français au Japon c'est qu'on est tout de suite considéré comme expert en plein de choses. Là pour le pain, ça va encore, je peux distinguer le bon du mauvais (d'ailleurs celui-là était tout à fait acceptable), mais ils veulent avoir mon opinion sur le vin et par extension tous les alcools alors que là pour la peine je suis très mauvais (ils m'ont demandé quel saké je préférais parmi deux qui se ressemblaient et suite à ma réponse (sur un ton très peu convaincu) ils sont partis dans un long débat de "ah, tu vois, il est bien meilleur celui-ci" comme si j'avais finalement tranché de manière indiscutable le débat). Ils m'ont aussi demandé avec appréhension si j'aimais bien le café qu'ils m'avaient servi (alors que je n'aime pas le café de manière générale, donc pour un expert, j'ai tendance à préféré les gros verres de café tout dilué et plein de crème parce que justement on ne sent pas le café) et ce que je pensais du thé (et là, honnêtement, les asiatiques en thé ils se défendent plutôt mieux que nous). Bientôt ils vont me demander des conseils sur la préparation du riz...


C'était donc une journée bien remplie et très agréable. Le temps était beau et tout le monde en profitait. C'était l'image du printemps qu'on ne voit d'habitude que dans les films (parce que là je vous raconte ce qui se passait dans le groupe où j'étais mais il y en avait des dizaines comme ça tout autour de nous).

Et le rapport avec les sakuras ? me direz-vous... Il est assez anecdotique. Notez tout de même sur les photos qu'il y en avait tout le long du fleuve (sur chaque rive) et dans le parc. Mais tout le monde s'en fichait royalement. Le véritable intérêt de hanami ce n'est pas de regarder les sakuras, mais de se regrouper au moment où ils fleurissent. Katsunobu m'a décrit hanami comme étant un "événement synchronisant". L'événement en lui-même (bien que très joli) n'est pas aussi important que l'occasion qu'il donne de faire sortir tout le monde de chez soi le même jour pour y partager nourriture, boisson et toute autre chose qui se partage (comme par exemple un bon moment). D'ailleurs le groupe avec qui j'étais est apparemment un groupe de personnes de situations très diverses (en particulier Katsunobu est le seul de l'université, ce qui lui vaut le droit d'être appelé "le professeur"), qui ne se rencontrent que deux ou trois fois par an lors d'occasions comme celle-ci. Et pourtant ils semblent tous se connaître très bien parce que, bien qu'ils ne se voient pas souvent, quand ils se voient ils ont vraiment l'occasion de partager beaucoup de choses.
En repartant je suis passé par le château, mais il n'y avait pas énormément de cerisiers dans la cour, donc rien de bien exceptionnel (mais ça fait toujours des jolies photos)

jeudi 12 avril 2012

Test de niveau

Comme une nouvelle année commence à l'université, des cours de japonais pour les étrangers sont proposés. Ces cours sont gratuits et ouverts à tous, mais ici ils ne font pas les choses à la légère.

Il y a cinq niveaux différents et il faut donc passer un test pour savoir à quel cours s'inscrire. Je suis donc allé passer le test vendredi dernier. Déjà, le test est obligatoire pour pouvoir assister aux cours. Pas question de débarquer deux semaines après le début en prétendant qu'on doit pouvoir aller dans le niveau 3, ça ne marche pas comme ça ici. Pas de test de niveau, pas de cours.
Le déroulement du test était également assez strict. Ça commençait par un bonne demi-heure d'instructions sur la façon de s'inscrire, les formulaires à remplir, le contenu des cours, etc. Le tout était d'abord expliqué en japonais, puis traduit en chinois et en anglais, ce qui était relativement inutile puisqu'ils nous avaient distribué une enveloppe contenant ces mêmes instructions dans les trois langues, et qu'ils se contentaient plus ou moins de lire ce qui était écrit (mais du coup ça a pris du temps).

Au moment de l'examen proprement dit, on ne plaisante pas non plus. Il faut éteindre tous les téléphones et autres appareils électroniques, tout ranger dans son sac à l'exception d'un crayon et d'une gomme (ou effaceur) et ne pas être plus de trois personnes par rangée (ce qui correspond à laisser au moins une place vide entre deux personnes). Tout ceci peut paraître normal pour un examen, mais je rappelle que là on est juste en train de faire un test de niveau pour savoir dans quel groupe s'inscrire pour un cours de langue dispensé gratuitement par l'université. Les enjeux ne sont pas vraiment monstrueux et pourtant les conditions y sont plus strictes que la plupart des examens auxquels j'ai assisté, à la fois en tant qu'étudiant et enseignant, où le règlement prévoit toutes ces contraintes mais elles ne sont pas vraiment appliquées à la lettre (le seul vraiment strict était le concours d'entrée à Polytechnique qui a un véritable enjeu et en plus est organisé par des militaires).

Le test s'est assez bien passé même si comme tout était uniquement en japonais (y compris les questions et les exemples) c'était assez fatiguant au bout d'un moment. Je me suis d'ailleurs arrêté vers la moitié, au moment où la prononciation des kanjis n'était plus indiquée, parce que ça marquait assez clairement le début des questions d'un niveau supérieur au mien.

Mon objectif était d'être classé dans le niveau 2, c'est-à-dire simplement d'éviter de tomber sur le groupe qui commence par apprendre à lire les kanas (d'ailleurs pour ceux de ce niveau, je suppose que le test était vite réglé vu qu'il n'y avait pas un mot en alphabet latin). Mon objectif a été atteint puisque les résultats, affichés lundi matin, me plaçaient bien dans le niveau 2 (il y avait d'ailleurs étrangement peu de monde dans le niveau 2 alors qu'il y en avait beaucoup dans les niveaux 1 et 3).

Toutefois, le test de niveau n'est qu'une première étape pour assister aux cours (qui, je le rappelle sont ouverts à tous sans aucune obligation). Une fois notre niveau déterminé, on a le droit d'assister aux différents cours (plusieurs créneaux horaires possibles pour chaque niveau) de notre niveau et du niveau supérieur. Sauf si on est niveau 1, auquel cas on n'a même pas le droit d'aller voir les gens super forts du niveau 2 (et sauf si on est niveau 5 puisqu'il n'y a plus rien au-dessus).

On doit alors remplir une feuille d'inscription en cochant le ou les cours auxquels on veut assister. Puis on doit aller à chacun de ces cours et obtenir une signature (ou un tampon) du professeur en question qui nous autorise alors à assister au cours (après avoir vérifié qu'on avait bien passé le test et qu'on avait un niveau approprié). Pas de signatures, pas d'inscription. Le formulaire d'inscription, dûment rempli et portant les signatures de tous les professeurs concernés, peut ensuite être rendu pour valider l'inscription.

Il y a un second test de niveau ce vendredi (une sorte de seconde session pour ceux qui auraient raté le premier). La date limite pour rendre le formulaire d'inscription est le 23 avril, c'est à dire une semaine après les résultats du second test, ce qui ne donne qu'une seule chance aux personnes passant la seconde session d'obtenir les précieuses signatures (que les profs donnent tout de même facilement, ils ne posent pas plein de questions pièges pour vérifier qu'on a bien le niveau).


Je suis allé à mon premier cours hier matin. Tout s'est bien passé, et le niveau est légèrement au dessus du mien, donc ça devrait me permettre de progresser (cela dit, il y a plusieurs autres élèves qui semblent être bien moins forts donc je suis à peu près à ma place). J'ai obtenu le tampon du professeur (du premier coup !) et donc mon formulaire est complet (si je le perds, je peux toujours aller en chercher un autre vendredi et obtenir un nouveau tampon la semaine prochaine...).
Il y avait plus de participants au cours de ce matin que de personnes placées au niveau 2 à la suite du test, ce qui m'a surpris puisque ceux du niveau 1 ne peuvent pas assister au cours.
Il s'est avéré que d'une part il y avait au moins une fille de niveau 3 qui était venue parce qu'elle considère que son niveau oral est trop bas. Le prof lui a alors dit d'aller d'abord voir au niveau 3 et de revenir uniquement si c'était trop difficile (moi je pense qu'elle ne va pas réussir à obtenir les signatures de tout le monde à temps si elle perd deux semaines à suivre des cours de niveau 3, c'est trop risqué...).
D'autre part, il y avait aussi dans le groupe plusieurs étudiants qui étaient apparemment déjà à l'université le semestre précédent (ou même avant) et qui avaient déjà validé le niveau 1. Ils étaient donc directement venus au cours du niveau 2. Taratata ! Sans test de niveau, point de cours. Le prof leur a donc dit de passer le test de ce vendredi pour confirmer leur niveau (on ne rigole vraiment pas avec ces choses-là).

Contrairement à ce que j'imaginais, le module est évalué. Il y a trois examens en cours de semestre qui comptent pour 60% de la note finale, le reste étant 20% de devoirs à la maison et 20% de présence et participation (parce que le prof fait l'appel au début de chaque cours, à l'aide de la liste des gens dont l'inscription a été validée par l'administration parce qu'ils ont passé le test et obtenu la signature).
Par contre, je ne sais pas quelle est la valeur de la note finale étant donné que, même en interne dans l'université, si on a validé un module on n'a pas automatiquement le droit de s'inscrire au suivant sans passer le test.

mercredi 11 avril 2012

Remise de diplômes

Il y a quelques semaines (mais je suis très en retard), il y a eu une cérémonie de remise des diplômes à l'université pour tous les étudiants d'informatique et électronique, ou plutôt ceux qui ont fini leur cursus universitaire (avec succès), soit environ 250 étudiants.

La cérémonie en elle-même n'avait pas un grand intérêt puisqu'elle ressemble à ce qu'on peut avoir chez nous (un discours du président de l'université, puis chaque directeur de département appelle chacun des étudiants pour lui remettre un diplôme). Par contre, ce qui est beaucoup mieux que chez nous, ce sont les tenues des filles. Si les garçons sont tous en costume occidental, la plupart des filles sont en robe traditionnelle, et ça c'est quand même beaucoup plus beau qu'un tailleur ! Il est donc regrettable que sur les 250 étudiants, il n'y ait pas plus d'une dizaine de filles (informatique et électronique oblige).
Voici quand même quelques photos (j'ai photographié toutes les filles en robe). Les photos sont de très mauvaise qualité parce que j'étais loin donc les images ne sont qu'une petite partie de la photo que j'ai coupée (et en plus la lumière n'était pas optimale pour un appareil photo de téléphone...). Mais ça permet quand même de se faire une idée des tenues.


Il n'y avait pas non plus beaucoup d'étrangers. Je n'ai repéré que deux étudiants visiblement non-japonais (il se peut qu'il y ait eu des chinois ou des coréens dans le lot), qui ont eu droit à deux diplômes : la version japonaise, comme tous les autres, et une version en anglais (c'est plus pratique quand on veut se faire recruter ailleurs qu'au Japon).

Il y a ensuite eu une séance de photos qui a duré aussi longtemps que la remise des diplômes proprement dite puisque chaque groupe (entre 3 et 20 étudiants) remontait sur l'estrade accompagné des professeurs pour que toutes les familles, amis et autres personnes puissent prendre des photos. Morita m'a alors demandé de monter avec eux donc j'y suis allé...
Je ne suis pas convaincu qu'il soit normal que j'apparaisse sur cette photo, mais comme la dernière fois que j'étais à une remise de diplômes je suis allé me faire remettre un petit chapeau de diplomé, j'ai serré la main et été félicité par le PDG de l'Oréal et j'étais aussi sur la photo de groupe alors que je n'étais pas du tout élève de l'école en question, on va dire que ce coup-ci c'est moins scandaleux.

Ensuite les élèves diplômés et les professeurs étaient invités à un buffet mais là par contre je n'ai pas pu m'incruster. Dommage parce qu'il y avait plein de trucs à manger qui avaient l'air très bons et qu'il y avait toujours les filles en kimono avec qui j'aurais pu essayer de discuter, en les complimentant sur leur tenue.

Toutefois, j'ai été invité à un dîner le soir avec le groupe de Morita (ceux de la photo). C'était très bon et ça m'a donné l'occasion de parler un peu avec certains étudiants (principalement en anglais, après qu'ils aient désigné celui qui se débrouillait le mieux pour servir d'interprète). Ce qui est un peu bête c'est de faire connaissance avec les étudiants à la fin de l'année. La semaine suivante il y avait un autre dîner cette fois pour faire connaissance avec les nouveaux étudiants. Mais comme les nouveaux sont très timides, je n'ai encore une fois parlé qu'avec ceux de la semaine précédente (donc les anciens qui s'en vont)...
Le second dîner était une grillade de viande et légumes, encore un genre d'okonomi yaki, mais sans crêpe (plus proche de ce que je prépare chez moi)

mardi 3 avril 2012

Le vent et la pluie

Depuis environ une semaine, le temps commençait enfin à devenir printanier avec un très beau ciel bleu et un soleil qui réchauffait bien quand on se promenait dehors.
Malheureusement, depuis hier, la pluie revient et surtout en ce moment c'est le vent qui s'est levé, vent qui n'a rien à envier au Mistral marseillais.
Du coup ça perturbe les cyclistes qui ont du mal à garder l'équilibre ou à avancer lors d'une grosse bourrasque, ce qui ne me concerne pas pour les raisons déjà racontées précédemment, même si quand on marche contre le vent on a parfois également beaucoup de mal à avancer.
Les vélos n'ont pas tenu le coup
Les japonais ont l'habitude de la pluie et il y a donc des parapluies un peu partout. Chacun en a un sur soi, le modèle le plus courant étant le parapluie à manche en plastique blanc et à toile en plastique transparent, qui a le double mérite d'être bon marché et de pouvoir être utilisé à vélo (ça demande une certaine technique mais ils arrivent à tenir le parapluie orienté vers l'avant d'une main tout en contrôlant le vélo de l'autre, et comme le parapluie est transparent, ils voient à peu près ce qu'il y a devant).
Devant tous les bâtiments il y a des emplacements pour y déposer les parapluies. Certains ont même des distributeurs de "housses" en plastique : on enfile le parapluie dans un sac en plastique spécialement fait pour et on détache le sac, ce qui permet éventuellement de prendre le parapluie à l'intérieur sans mettre de l'eau partout.
Comme trois parapluies sur quatre sont identiques (les fameux transparents à manche blanc), les "range-parapluies" ressemblent un peu à des bornes libre-service, et je soupçonne les japonais de piocher dedans quand ils en ont besoin et d'abandonner le parapluie à l'emplacement suivant quand il ne pleut plus (soupçon confirmé par la présence de parapluies restant abandonnés dans ces emplacements les jours de grand soleil).
Il y a donc très probablement un flux de parapluies à travers la population, chacun en rachetant un de temps en temps quand il en a vraiment besoin (pour participer au renouvellement des parapluies abîmés), et piochant dans le pot commun le reste du temps. D'ailleurs, comme en japonais "parapluie" se dit "kasa", le célèbre adage est tout à fait adapté ici : "Mi kasa es su kasa".

J'en profite également pour vous montrer le kanji représentant le parapluie, parce que pour une fois il est vraiment très explicite, quasiment un pictogramme :
Ce qui est amusant c'est que les quatre petits trucs à l'intérieur du caractère sont des caractères représentant l'homme, et donc sous le parapluie, ils arrivent à mettre 4 personnes !

Le vent, combiné à la pluie, complique énormément les choses puisqu'il rend les parapluies complètement inutilisables (j'aurais bien aimé voir un cycliste lutter contre le vent tout en tenant un parapluie ouvert devant lui, mais là ça relève du numéro de cirque). Exceptionnellement, on voit donc aujourd'hui des japonais courir d'abri en abri, en se couvrant tant bien que mal avec ce qu'ils ont sous la main (sac, journal, etc.).

Remarque : indiquez dans les commentaires si vous n'arrivez pas à voir le caractère chinois (celui du parapluie), parce que je pourrais avoir l'occasion d'en mettre d'autres donc ce serait mieux si les gens arrivaient à les voir (normalement l'encodage est bien déclaré mais on ne sait jamais).


Mise à jour : Après en avoir discuté avec un professeur ici, il semblerait que ce soit un typhon, ce qui n'est pas du tout normal à cette période de l'année, mais ça en a quand même toutes les caractéristiques comme l'indique cette alerte.
Toutefois, ceux qui ont suivi le blog précédent savent que de toute façon je ne crains rien parce que les typhons n'arrivent jamais jusqu'à moi...