Je n'ai pas été très bavard ces derniers temps (en gros j'ai zappé tout le mois de mai), mais comme je suis rentré deux semaines en France je n'avais pas grand chose de spécial à raconter.
Je suis maintenant de retour, et à peine arrivé, paf, il m'arrive plein de choses !
En fait ça a même commencé avant mon retour puisqu'alors que j'étais encore en France j'ai reçu un mail d'un professeur de l'équipe (Imai) me demandant si je pouvais, à mon retour aider l'amie d'une amie qui doit chanter une chanson en français pour un concert. Le mail ne disait pas grand chose de plus sur les personnes impliquées ni sur le concert, mais il y avait un lien vers une video de la chanson :
En cherchant quelques informations sur Internet, j'ai appris que la chanteuse (Clémentine) est une française qui chante des chansons pour enfants au Japon. Elle est apparemment très connue ici. La chanson est une traduction du générique d'un très vieux dessin animé appelé "Gegege no Kitaro", tiré d'un manga de 1959. Ce sont apparemment des histoires de monstres et fantômes du folklore japonais.
J'ai bien sûr répondu que je serai ravi de pouvoir aider (et puis si ça me fait rencontrer des gens c'est toujours intéressant). Une fois rentré, Imai m'a alors emmené voir une fille de l'administration de l'université (qui s'appelle Tamayo) qui doit aussi participer au concert (mais qui ne chante pas). Après une longue conversation en japonais (entre eux, moi je n'ai rien dit et presque rien compris) il m'a dit qu'elle proposait de m'emmener mercredi soir à la répétition pour que je rencontre l'autre amie, celle qui doit chanter en français. Dans la foulée, Tamayo proposait aussi de m'inviter à dîner avant. Moi, comme toujours, quand on me propose d'aller manger, j'accepte (en plus là c'est avec une fille plutôt jolie alors c'est encore mieux).
Mercredi soir, comme prévu (après un bref échange de mails pour fixer les détails) elle est passée me chercher à l'université. J'étais un peu inquiet parce que lors de la première conversation, elle n'avait parlé que japonais, et c'est Imai qui avait servi d'intermédiaire pour m'expliquer un peu ce qui se passait en anglais. Finalement il s'avère que Tamayo parle très bien anglais donc ça n'a pas été trop compliqué. Le dîner était très sympa puisqu'on est allé manger des sushis et qu'elle m'a fait goûter un peu tout ce qu'il y avait de marrant à mettre dessus. Puis on est allé à la répétition.
Là c'était assez étrange parce que le rendez-vous était dans le parking souterrain derrière la gare. Or j'avais beau être au Japon, le pays où l'on ne se sent jamais en danger (sauf quand les forces naturelles se déchaînent), quand je me suis retrouvé en pleine nuit dans le fond d'un parking souterrain avec une personne que je ne connaissais que depuis 2 heures marchant vers un groupe de 3 types au look un peu grundge (qui est à la fois un look de musiciens et de gangs), je me suis rappelé que dans toutes les scènes de ce genre au cinéma il est question de tueurs à gage, de mallettes pleines de billets ou de drogue (en plus il y avait même des étuis à guitare ! ça non plus c'est pas bon signe). Et en général ça ne finit pas bien pour tout le monde.
Finalement tout s'est très bien passé : l'échange de drogue a eu lieu sans incident, les otages ont tous survécu et les yakuzas m'ont laissé repartir en ne me coupant qu'une phalange. Bref, un dénouement heureux... dans le film d'action qui se déroulait dans ma tête.
Pendant ce temps, dans la réalité, les trois musiciens qui étaient là m'ont proposé des biscuits et du café, et on a un peu discuté (en fait ils ont surtout discuté entre eux en me posant quelques questions très simples parce qu'ils ne parlaient pas anglais). J'ai appris que le concert en question (à propos duquel je ne savais toujours rien) était un concert d'une école de batterie et que les autres musiciens (Tamayo comprise) étaient là pour donner un coup de main et les accompagner.
La fille qui devait chanter la chanson de Clémentine est arrivée un peu plus tard, et nous sommes entrés dans la salle de répétition, qui se trouvait dans le fond du parking (d'où le sinistre rendez-vous qui ne l'était plus du tout à ce stade-là). Elle m'a posé quelques questions de prononciation mais elle avait déjà fait la plupart du travail. C'était assez rigolo parce qu'elle avait une feuille sur laquelle les paroles en français étaient accompagnées d'une transcription phonétique en hiragana. C'était un peu approximatif mais quand elle a chanté la chanson j'ai pu comprendre le sens des phrases (que j'avais déjà lues, certes, mais plusieurs jours plus tôt et dont je ne me souvenais pas vraiment).
Il est intéressant de noter que les japonais ne sont pas forcément bloqués, comme la plupart des autres étrangers avec qui j'ai pu parler de prononciation française, par les terrifiantes nasales "an", "on" et "in", mais plutôt par les consonnes successives. On a par exemple passé cinq bonnes minutes sur la prononciation du début de "vraiment". Comme plus ça avançait et plus la prononciation devenait dure (ça tournait au "vRRRaiment"), j'ai fini par lui dire qu'il valait mieux adoucir la prononciation, quitte à faire sauter des sons (donc elle chantera probablement "vaiment", ce qui choque moins que "vRRRaiment").
Je suppose qu'il n'y a pas beaucoup de japonais qui arrivent à apprendre le tchèque.
Après ces quelques explications, pas bien longues, j'ai assisté au reste de la répétition (qui était principalement concentrée sur le travail d'une chanson qui n'était pas Gegege no ge). Puis je suis rentré avec Tamayo.
L'histoire ne s'arrête pas là. En effet, le lendemain (donc hier), j'ai reçu un mail de Tamayo m'invitant non seulement à assister au concert dimanche soir (ce qui ne m'a pas tellement surpris d'autant qu'on en avait discuté), mais surtout à aller prendre l'apéritif et dîner chez un ou une de ses ami(e)s samedi. Le genre est assez difficile à déterminer parce que comme il n'y a pas de genre en japonais, sauf si on veut le préciser explicitement, ils ont tendance à mettre "his" ou "he" en anglais même quand il s'agit d'une fille. En fait il est même probable que ce soit toujours la même amie, celle qui chante la chanson, mais je n'en suis pas certain. Le truc amusant (jusque là, ce n'est toujours pas exceptionnel), c'est que comme l'amie habite un peu loin et qu'il est question de boire de l'umeshu (entre autres), on ne peut pas rentrer en voiture donc je suis d'office invité à dormir chez l'ami(e) en question ("viens chez moi, j'habite chez une copine").
Du coup, je ne sais pas trop chez qui je vais, ni qui sera présent, ni ce qu'on est censé y faire, mais comme je suis au Japon, j'accepte et on verra bien ce qui se passe. Après tout, je suis déjà parti dans des situations encore plus floues avec des gens que je connaissais encore moins (mais toujours au Japon) et ça s'est toujours très bien passé (cf. par exemple l'histoire des lapins ou mon séjour à Tokyo dans une famille que je ne connaissais que très très indirectement).
J'aurai probablement l'occasion de raconter d'autres histoires à ce sujet (par contre, si je ne re-poste rien pendant un mois, appelez la police !).
Hilarante ton histoire !
RépondreSupprimerMoi, je crois que tu lui as tapé dans l' oeil, mais je ne sais pas laquelle des 2 ;)
J' attends quand même avec anxiété de tes nouvelles !
Disons qu'ici je me promène entouré d'une aura surpuissante liée à ma nationalité (du moins à partir du moment où ils l'apprennent). Donc tout le monde veut m'inviter partout et me faire essayer un peu tout pour avoir mon avis qui, comme je suis français, est forcément excellent...
SupprimerJ'exagère un peu parce que ça ne fonctionne pas sur tout le monde, mais quand même assez souvent.
P.-S. : Je me porte bien. Je prépare le récit de la suite.
Ah, là, là,
RépondreSupprimerle charme français qui opère toujours dans les circonstances les plus improbables...
Fais des bises à Tamayo, héhé..
:D