dimanche 5 février 2012

Bref, j'ai acheté un vélo

Ça faisait plusieurs jours que j'en avais marre d'être la seule personne qui se déplace à pied ici. Rien que pendant les 10 minutes qu'il me faut pour aller à la fac, je croise ou me fais doubler par environ 20 vélos. Du coup, hier, j'ai décidé d'en acheter un.
J'ai demandé à Imai si il savait où je pouvais en acheter. Il m'a dit qu'il connaissait un magasin très bien mais que c'était trop loin pour y aller à pied, il fallait un vélo. Je lui ai dit que c'était pas très pratique. Il m'a dit qu'il en connaissait un autre plus proche mais un peu pourri. Il m'a quand même donné les deux adresses.
En sortant de son bureau j'ai commencé à me demander si ça valait la peine d'aller au magasin le plus proche, d'acheter un vélo pourri, d'aller au magasin bien avec le vélo pourri, d'acheter un vélo bien et de revendre l'autre. Je me suis dit que j'étais probablement en train de me prendre la tête pour pas grand chose donc j'ai décidé d'aller au magasin le plus proche.

En arrivant au magasin, j'étais très fier de moi en réalisant que je savais dire "bonjour, je voudrais acheter un vélo s'il vous plaît". Mais en y réfléchissant, je me suis dit que si je disais ça au vendeur de vélos j'allais avoir l'air aussi bête que Jo quand elle avait demandé un alfajor à un type qui en vendait 40 sortes différentes. J'ai décidé de ne rien dire du tout.
J'ai fait 4 fois le tour de la boutique en regardant les prix de tous les vélos pour choisir le moins cher. Je suis finalement entré et j'ai fait des gestes au vendeur pour qu'il vienne. Je lui ai montré le vélo que je voulais acheter.
Là je me suis rendu compte qu'acheter un vélo au Japon, c'est plus compliqué qu'en France parce qu'il faut remplir tout un formulaire. Heureusement, le vendeur avait un exemplaire avec des indications en anglais. Je ne connaissais pas mon adresse et je n'avais pas de numéro de téléphone. Pour l'adresse, il m'a tendu un plan et j'ai montré où était mon appartement. Pour le téléphone, j'ai fait des gestes pour faire comprendre que je n'en avais aucune idée, au bout d'un moment il a abandonné, il m'a dit un truc, j'ai dit oui et il a écrit quelque chose (je crois qu'il a mis le numéro de téléphone de la boutique).
Il m'a ensuite demandé quelque chose en faisant une phrase beaucoup trop longue pour moi. J'ai cru comprendre trois mots, mais comme les mots que j'avais compris étaient "rêve", "clé" et "lapin" et que j'étais incapable de penser à une phrase cohérente qui les contienne, je me suis dit que j'avais mal compris.
Il m'a alors montré des explications en anglais. C'était pour prendre une sorte d'assurance en cas de vol (on colle une étiquette sur le vélo, si le vélo est retrouvé par la police, ils appellent et je vais chercher le vélo). Je crois que c'est pour ça qu'ils voulaient un numéro de téléphone. Comme ce n'était pas cher du tout, j'ai accepté.

Finalement, je suis sorti avec le vélo. Un jeune de la boutique m'a alors expliqué, dans un anglais tout à fait corrrect, comment marchaient la dynamo et l'anti-vol. Je l'ai remercié mais ça m'a un peu énervé de penser que ça faisait 15 minutes qu'il se marrait derrière le vendeur alors qu'il aurait très bien pu m'aider en anglais.

Tout ça c'était hier. Ce matin, je me suis levé et je suis allé chercher mon vélo. Je ne trouvais plus les clés de l'anti-vol. Elles n'étaient pas dans mon blouson, pas dans mon jean, pas dans mon sac ni dans mon appartement. J'étais bien embêté.
J'ai fait plusieurs fois le trajet de mon vélo à l'appartement, puis de l'appartement à la salle d'arcade où j'étais allé hier soir après avoir garé le vélo. Je ne les ai pas trouvées.
J'ai cherché rapidement dans la salle d'arcade. Pas de clés. J'ai vérifié que je savais dire que j'avais perdu des clés. J'ai appelé un type de la salle d'arcade, je lui ai expliqué que j'avais perdu mes clés. Il m'a demandé si c'était des clés de vélo, je lui ai dit que oui. Il m'a demandé de le suivre, a regardé dans le bac des objets trouvés et m'a donné une paire de clés d'anti-vol de vélo. J'ai signé le registre (ils ne font pas ça à la légère) et je l'ai remercié.
En sortant, j'étais très fier de moi d'avoir résolu cette situation en parlant en japonais. Je suis allé chercher mon vélo. C'était pas les bonnes clés...

Je suis retourné à la salle d'arcade, j'ai rendu les clés (sans expliquer grand chose parce que je ne savais pas dire tout ça et que je n'avais plus le moral pour apprendre à le dire) et je suis ressorti. J'ai laissé mon vélo à côté de l'appartement et je suis allé à la fac à pied. Comme c'est dimanche et qu'il y a moins de monde, je ne me suis fait doubler que par une dizaine de vélos.

Bref, j'ai acheté un vélo.

Épilogue

Finalement j'ai demandé à Imai s'il avait une solution. Il m'a dit qu'il avait un outil qui pourrait me servir. Il est revenu le lendemain avec ça :
Je le soupçonne d'arrondir ses fins de mois en revendant des vélos volés d'ailleurs. Quoi qu'il en soit, je viens de tester le machin sur mon vélo et ca a coupé l'anti-vol comme si c'était de la guimauve (le petit bout de métal sur la photo c'est le morceau que j'ai coupé).
Résultat, mon vélo est libre à nouveau. Espérons qu'il n'aura pas été volé demain matin !

J'ai repensé au proverbe néerlandais que me répète souvent mon père : "Dans sa vie, un néerlandais a trois vélos. Le premier qu'il achète quand il est jeune, le second qu'il rachète quand il s'est fait voler le premier et le troisième qu'il vole quand il en a marre après s'être fait voler le second". Moi je viens de me voler mon vélo, du coup mon deuxième est devenu le troisième.

P.-S. : Je ne connaissais pas le nom en anglais de l'outil utilisé. Cependant, sur l'étiquette (illisible sur la photo) il est écrit en katakana "BORUTOKURIPPA". Je me suis dit que ça voulait peut-être dire "bolt clipper", et une recherche Google me confirme que c'est bien le bon nom. Comme quoi, avec leur système on peut même apprendre de l'anglais ! Cela dit je l'aurais appris encore plus facilement si ils l'avaient écrit en alphabet latin.

10 commentaires:

  1. Bon tu t'es pas (encore) fait arrêter pour avoir cisaillé l'antivol et volé ton propre vélo, c'est déjà ça.

    Sinon, très bonne imitation. Je crois que j'aurais reconnu le style sans le titre et la dernière phrase.

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    1. J'attends demain pour aller casser l'anti-vol. Je vais d'abord demander si quelqu'un a un avis et/ou des outils. J'ai le papier qui montre que j'ai acheté le vélo (avec un numéro de série) donc je le prendrai sur moi quand j'irai faire la manip, je suppose que ça devrait aller (je sais dire que le vélo est le mien et que j'ai perdu les clés).

      J'ai mis le titre pour que les gens lisent le texte avec la bonne intonation (sinon ça ne passe pas très bien).

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  2. Ah oui, essayons d'être utile, deux suggestions:
    - tu as pas oublié les clés au magasin de vélo?
    - ptet le type de la salle d'arcade dont tu avais les clés a les tiennes?

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    1. Il faut laisser les clés dans l'anti-vol (qui est un truc monté dans le vélo) quand il est ouvert donc je suis sûr que j'avais les clés au moment où j'ai garé mon vélo le soir ce qui limite l'espace couvert entre temps à mon appartement et la salle d'arcade qui est à 20 mètres (mais il y a une rue donc ça suffit pour perdre définitivement des clés).

      L'échange de clés n'est pas exclu. Je repasserai ce soir (pour faire un peu de Street Fighter) et j'essaierai de recroiser le type que j'avais vu. Si il a eu un retour de clés il me le dira peut-être.

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  3. Tu es sûr de ne pas te tromper de vélo ? Genre "ben, non, finalement c' est pas la mienne..."
    Et bien, j' attends de savoir comment tu t' en sortiras !
    Bon dimanche.

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    1. Je suis assez sûr que c'est le bon vélo parce que justement comme je ne le reconnaissais pas encore bien, je l'ai garé à un endroit facilement repérable.
      De toute façon j'ai rendu les clés qui n'allaient pas (j'ai bien vérifié qu'elles ne marchaient pas en forçant un peu dans tous les sens pendant bien 5 minutes).

      Imai m'a dit qu'il avait une grosse cisaille qui pourrait me servir. Espérons que ça n'alertera personne (je prendrai le papier qui justifie que j'ai acheté le vélo avec moi, je devrais pouvoir expliquer la situation).

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  4. La situation est finalement résolue (cf. ajout en fin de post).

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  5. As tu vraiment besoin d un antivol ? Je pensais le Japon sans petite délinquance, est ce un cliché ?

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  6. bravo et merci pour ce moment de partage, je n'ai pour l'instant lu que l'acquisition d'un moyen de locomotion...
    c'est un éclairage intéressant sur les voyages forment la jeunesse et sur les notions: acceuil, intégration.
    je me réjouis à l'idée de lire les autres. j'espère que tu as aussi trouvé des choses et des comportements qui t'épatent .
    je t'embrasse et bon courage. Amélie (adresse mail amelieromet@gmail.com) comment puis-je suivre en direct tes news?

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  7. ton éclairage sur le quotidien est vraiment interessant comment puis-je te suivre. j'ai un mail: amelieromet@gmail.com , je suis sur facebook et linkel

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